L'alchimiste Assassin - Bienvenue chez Aziz

Aller au contenu

Menu principal :

ARTICLES > NOUVELLES ET ESSAIS

L’alchimiste assassin

 Il ne pouvait s’agir que d’un tueur en série. Six décès en trois jours sans lien apparents. Les médias étalaient à la une ,cette sordide affaire et faisaient monter la pression. La population locale était terrifiée. Un vent de panique soufflait sur Lausanne et commençait à déborder sur la Romandie. La rumeur publique fonctionnait à plein tube. Chacun y allait de sa version, CIA, extra-terrestres,  maffia, francs-maçons, templiers.
    -    Cette cellule de crise, relevant directement du ministère de l’intérieur doit   absolument obtenir des résultats. En outre, nous  
             avons l’obligation de   collaborer et d’apporter aide et assistance à un profiler délégué par le FBI. J’ai   l’honneur et le plaisir
             de vous présenter Meredith Ashton, qui va prendre la   parole.
    -    Chers confrères, je suis honorée de me trouver parmi vous et me mets à votre entière disposition.
             Comme vient de l’annoncer votre officier, je suis profiler. Bien qu’ayant reçu une formation de la police scientifique, Il
             m’arrive sur les lieux de crimes de ressentir certaines images. J’ai le don de travailler sur des   énergies invisibles au   
             commun des mortels. Un contact direct avec un objet, le   corps d’une victime ou  un enregistrement vocal, peut déclencher
             des flash visuels que je dois décrypter et assembler pour parvenir à une piste. Il m’arrive  même de ressentir, l’incrédulité
             et parfois la raillerie de certains collègues, ajouta t’elle d’un air malicieux.  
            La direction centrale du FBI à contacté ma section locale de San Diégo pour   m’affecter sur cette mission. J’ai été choisie    
             pour deux raisons. La première ma maitrise du Français et de sa culture, la seconde, mes capacités de profiler. En
            Californie, mes collègues m’appellent Merry.

A cet instant, l’officier en chef  Bertrand, responsable de la cellule, reprit la parole.

    -    
Suite à cette brève présentation, nous allons entrer dans le vif du sujet. durant son vol Meredith à eu l’opportunité d’accéder
             à toutes les informations que nous possédons à ce jour. Je propose, qu’elle nous livre ses premières impressions.
    -    Je suis sure que tous ces crimes ont une relation. Nous pouvons déjà, écarter la loi des séries, la thèse du crime crapuleux,
             ainsi que celle du crime au hasard. A mon avis c’est l'oeuvre d'un sociopathe méthodique, organisé qui agit   froidement. Il
             ne semble pas avoir d’intérêt financier. Il  tue par  besoin et non par plaisir.  Je propose que vous me fassiez visiter à votre
             convenance, les divers lieux ou se sont déroulés les homicides.
    -    Merry, je vous propose aujourd’hui, de prendre un peu de repos et   d’effectuer les visites demain matin. Autre d’oublier,
             pour toute la durée de votre séjour, une chambre vous à été réservée au Lausanne Palace. De plus, nous serions honorés,  
             mon épouse et moi-même, si vous acceptiez d’être  notre invitée pour le souper, dit l'officier
    -    Avec plaisir  dit elle
    -    Nous viendrons vous chercher à 20 heures, pour une petite ballade, avant le repas.

A peine arrivée dans sa chambre, elle décida de s’offrir les plaisirs d’un bain onctueux. Ce charmant et luxueux hôtel, lui plaisait. Il avait une dimension humaine qu’elle ne retrouvait plus dans les complexes gigantesques de son pays.
Allongée dans la baignoire, on ne voyait d’elle qu’une chevelure rousse flottant sur un fond de mousse. Avec son regard bleu azur, elle semblait scruter chaque objet jusqu’au plus profond de ses atomes.

Envoûtée par le rapport sensuel avec l’eau, elle perdit la notion du temps. Une sonnerie mélodieuse la rappela à la réalité. Une demi-heure plus tard, parée d’une robe moulante et de souliers à petits talons, elle descendit au hall central.  D’instinct, elle choisit le fauteuil le plus approprié, lui permettant  une vue d’ensemble de la salle. Il était facile, de deviner sous l’apparence fragile de ce corps féminin et séducteur, une sportive de haut niveau.
A l’heure prévue, l’officier Bertrand et son épouse  arrivèrent par l’entrée principale. Ils étaient tous deux, de  grande taille, avec  en commun ce profil banal qui caractérise monsieur et madame tout le monde. Lui, blond, sans conviction, la joue droite, ornée d’une cicatrice avait la démarche rigide d'un militaire. Elle, d’origine slave sans charme spécifique le suivait d’un pas lourd et soumis.  

Les présentations faites, ils se dirigèrent  vers la cathédrale. Catholique au départ,  protestante aujourd’hui, elle était sans conteste, le joyau de la ville. Merry fut ravie de cette visite. Amoureuse et passionnée de vitraux, rien ne pouvait lui faire autant plaisir. Profitant de la chaleur estivale, ils s’offrirent un repas en terrasse, dans un de ces restaurants typiques du vieux Lausanne. Hélas, Les heures filants plus vite que d'habitude,  il était déjà temps de rentrer au bercail.

    -    
Nous espérons que vous avez passé un bon moment, alors bonne nuit et à   demain. Un collègue viendra vous chercher à 8
            heures.
    -    Merci à vous deux pour l’accueil chaleureux et cette agréable soirée.

Merry était une lève-tôt. Son petit déjeuner avalée, elle décida de faire un tour du quartier, avant que l’on vienne la chercher. Une heure plus tard, une  Audi A4 de couleur noire et aux vitres fumées, s’enfila devant l’entrée du palace, elle reconnu le chauffeur qui l’avait déposée la veille.

    -    
Hello Merry, reposée  
    -    Cool et vous ?
    -    Bien !  l’officier nous attend.

Quelques minutes plus tard, elle retrouva Bertrand qui la salua militairement.

    -    
Bonjour Bertrand,
    -    Bonjour Merry,

Chaque lieu de crime, fut repassé au peigne fin. Il fallut pour cela, se déplacer aux quatre coins de la ville. Merry releva un détail important passé inaperçu la première fois. Chaque victime avait à proximité, un ordinateur portable. Après analyse, il s’avéra que tous, avaient la batterie déchargée. Alors  que tout semblait confirmer les rapports du médecin légiste, soit la  mort accidentelle par rupture d’anévrisme foudroyant, elle eut un flash. Un guerrier au masque monstrueux abattait son épée sur le crâne de sa victime. Elle n’en parla qu’à l’officier, vu que cela ne semblait avoir aucun lien avec les décès annoncés.

Merry était perplexe, six morts identiques, tous dans une tranche d’âge similaire. Une seule piste pour l'instant, le lien  informatique. Cette coïncidence semblait banale. En effet, de nos jours, quel jeune n’a pas accès à l’informatique. Quel jeune, ne se connecte pas sur le net, avec un ordi, une console, ou un I phone. Cependant, une petite voie intérieure la poussait à enquêter dans ce sens.

    -    
Officier Bertrand, serait il possible d'avoir les adresses IP des victimes et toutes les connexions effectuées ces derniers mois
    -    Sans problème répondit il, nos experts en cyber criminalité vont s’en occuper. Dans notre pays, les  providers sont tenus par
             la loi, de conserver les données de connexion sur une période de six mois.

Dès réception des rapports, elle  détecta un autre lien, un numéro identique de connexion se retrouvait sur toutes les listes. Le contrôle des relevés bancaires fournit un indice supplémentaire, ils avaient tous, payés plusieurs accès sur un site communautaire appelé World of Warcraft. Un site de jeu de rôles, ou des milliers de personnes de par le monde se connectent pour se combattre en ligne et prouver leurs aptitudes de guerriers. Un espace virtuel, tout à fait légal, ou chaque membre se doit d’avancer en tentant d’obtenir de plus en plus de privilèges. Elle sentit que la clé du mystère était liée à ce site, et compris le sens de son flash précédent.

    -    
Officier, oú est ce que je pourrais trouver un  cyber espace pour jeunes dit Merry  ?
    -    Face à la gare centrale, au dessus du Mc Donald se trouve une salle de jeu  avec cyber connexion. La rue du petit chêne se
             trouve un peu plus bas que   votre hôtel.
    -    Je souhaiterais y faire un tour, de manière très informelle.
      
-    Souhaitez vous la présence d’un collègue  ?
    -     Il serait  préférable que j’agisse en solo.

La salle Sega, possédait plusieurs entrées. La plus discrète, qu’elle avait repérée, était celle qui la reliait au Mc do. C’est par là, un coke à la main,  jeans et chemisier hyper moulant, qu’elle se fondit dans la masse.  A l’accueil, elle demanda d’un air candide et innocent :

    -    Que dois faire pour me connecter sur un ordi  ? A vrai dire, j’aimerais tellement  apprendre à jouer sur Warcraft, mais je n’y
             connais rien,ajouta t’elle d’une   voie suave à vous faire transpirer en plein hiver.
    -    Il vous faut payer le temps voulu  et je vous indiquerais sur quel PC, vous connecter. Si vous avez quelques minutes de          
            patience, je viendrais dès que possible, vous aider à créer votre avatar.

A peine avait-elle eu le temps de payer, et de se diriger vers l'ordinateur choisi, qu’un jeune homme à la coupe militaire lui emboita le pas.
    -     Kadder à votre service mamzelle, je suis un as de warcraft, fana de rouquines, si vous voulez mon aide et mes conseils,

Elle accepta sans hésiter de se faire coacher, consciente qu’elle se faisait aussi draguer. Kadder, cheveux noirs, teint mat, le regard malicieux et charmeur, était de taille moyenne. Merry le dépassait d’une demi-tête.  A grand coups de gesticulations, il expliquait les fondements et les bases de Warcraft. Il semblait intarissable sur le sujet.

    -     Pour créer un avatar, il faut décider de quel coté, vous souhaitez être. L’alliance œuvre pour le bien et la horde pour le mal.

Kadder expliqua, que chaque catégorie, avait ses races. L’Alliance se composait de  draenei , d’elfes de la nuit, de gnomes, d’humains et  de nains. La Horde se composait d’ Elfes de sang, de morts vivants, d’orcs , de taurens, et de trolls. Chacune de ces races avait une monture spécifique, et des fonctions précises.
Ainsi, un taurens, pouvait avoir la qualité de druide, de chasseur, de chaman , de guerrier ou d’alchimiste. Un humain , lui ne pouvait prétendre qu’a la qualité de mage, de paladin, de prêtre, de voleur, de guerrier ou de démoniste.


Le jeu consistant à détruire le maximum d’ennemis, pour  augmenter son potentiel. Chaque joueur gagne par ses actes de bravoure, des pièces d’or virtuelles. Elles lui serviront à acquérir de nouveaux pouvoirs magiques, utiles dans sa quête guerrière et ainsi de suite. Warcraft mettant en compétition des accrocs aux egos surdimensionnés, etablit de fait une hiérarchie pyramidale.. Les plus qualifiés se joignent à des guildes. Et les meilleures guildes se classent au top. Il n’est pas facile de se faire accepter par une guilde, si l’on n’a pas atteint certains niveaux.

    -     
Vous savez, je fais partie de la deuxième guilde dans la hiérarchie et bientôt, nous allons atteindre le sommet mes
              compagnons et moi-même. Le hasard fait tellement bien les choses. La guilde que nous devions combattre pour lui voler sa
               première place à abandonné par forfait. Ils ne se connectent plus. Des trouillards qui savaient d’avance, qu’ils allaient
               perdre.

Les dernières explications de Kadder avaient déclenché en elle, une sorte d’alarme. Elle repensa au flash du guerrier armé de son glaive. Elle submergea Kadder de question sur cette guilde qui avait disparue. Qui étaient-ils  ? Combien étaient-ils  ?

    -     
Ils étaient sept  au départ et depuis quelques temps, ils se connectaient à six répondit il.
    -     Peut-on, savoir quels sont les membres qui composent une guilde ?
      
-     facile comme tout, puisqu’ils travaillent en collaboration.
    -     Pourrais tu me fournir toutes les informations sur cette guilde  ?
    -    Whow  ! Whow  ! Whow  ! , tu serais pas flic par hasard  ? dit il l’index pointé et le regard soupçonneux  ?

Déstabilisée par cette question, Merry  hésita quelques et secondes et se fia à son instinct. Elle le rassura en lui disant  :

   -    Je suis Américaine  en  vacances en Suisse. Mon ami  journaliste fait un reportage sur le monde de Warcraft et les jeux de
             rôles.


Kadder se sentit rassuré et laissa tomber sa méfiance.

    -     
Vous savez mamzelle, je ne suis pas une balance même si je respecte le travail des keufs.
    -     C’est juste de la curiosité, je me documente tout simplement.
     -     Ok ! on peut savoir qui se cache derrière un avatar. Il suffit de pirater le site officiel et de trouver qui paye les accès. En
             général, chacun paye pour lui même. Logiquement, si on connaît le pseudo, on peut connaître le créateur de l’avatar.

             Si ça vous intéresse, j’ai les pseudos de tous les membres qui composent la guilde des highlanders. La preuve, je devais  
             prochainement les contacter pour devenir un de leurs membres. Il me manquait juste un niveau.

Merry , n’en croyait pas ses oreilles, il était là, prêt à lui apporter une pièce maitresse du puzzle, qui se mettait en place.

    -    Super, si tu peux m’apporter  les noms des guerriers qui composent la guilde, je te revaudrais cela.
    -    Eh mamzelle, rencart demain à la même heure et tu n’en croiras pas tes yeux. Entre nous, ils sont megacool tes yeux, ils
             me rappellent la mer, j’aimerais tellement nager dedans.


En remontant la pente raide du petit chêne, elle contacta en priorité l’officier responsable.

    -    Il faut absolument que l’on se voie dans les plus brefs délais
    
-   Ok rendez vous dans quinze minutes au Nyffeneger, c’est un café sympa qui   se trouve en face de l’église St François, à
            coté des escaliers mécaniques.


A peine venait elle de s’installer que Bertrand pointa le bout de son nez.

   -
   Rien de grave, j’espère  ? Que se passe-t-il  ?
   -  En policier d’expérience, elle lui fit  un rapport détaillé de la situation    -   Nom de nom ! et vous pensez que les victimes seraient les membres de la   guilde  !    -  J’en ai le pressentiment.
   -   Sacré, nom de nom  ! et le septième serait soit l'assassin soit une victime en danger.
   -   Affirmatif
   -  Pensez vousqu’il faut convoquer ce Kadder à l’hôtel de police  ?
   -  Surtout pas  ! il se bloquerait. Laissez-moi continuer, il me fait confiance, et je sais que je lui plais.
   -   Vous avez carte blanche Merry, sacré nom de nom, marmonna t'il à voix haute

La nuit fut longue pour Merry, elle repensa à tout ce qui venait de se passer. Toute cette histoire s’etait  déroulée tellement vite, que cela semblait irréel. Le lendemain, elle prit la peine d’apprécier son petit déjeuner avec un rituel, à la limite de la ferveur. C’était sa manière de remercier son ange gardien qui venait de l’aider.

Elle tenta de se replonger dans le volumineux dossier qui lui avait été remis, sans succès. C’est ainsi, qu’elle prit la décision d’aller flâner, au bord du lac en attendant le rendez vous avec Kadder. A la réception de l’hôtel, on lui conseilla de prendre le métro (l'ancienne ficelle)  et d’aller visiter le musée olympique.
Elle aimait marcher en laissant son esprit gambader. Cette technique antistress portait ses fruits depuis l’antiquité. Ils avaient tout compris, ces adeptes de Socrate. Elle marcha longuement et dans sa tête, le puzzle semblait prendre forme.
Le septième membre était il  l’assassin ou la future victime. Quel serait le mobile  ? une vengeance personnelle  ?
Les heures s’écoulèrent  et le rendez vous approchait. Elle remonta paisiblement sans trop d’effort les ruelles en cote en longeant la ligne du métro, pour arriver à la place de la gare. Il était là, en avance, penché sur son clavier.

   -     Bonjour Kadder,
    -    Tchao bella, come sta  ? Mamzelle, tu ne seras pas déçu, Je tiens toujours mes promesses.
             Voici la liste des avatars qui composent la guilde des highlanders et l’avatar du chef. Si tu est cool, je pourrais faire encore
             mieux.
    -    Que veux-tu exactement  ?
   -     Une bise pour commencer et une soirée en boite pour terminer, dit il avec un sourire au bout des lèvres.

D’un geste câlin et sensuel, elle déposa un baiser amical sur ses lèvres  et lui dit :

   -    C'est Ok pour la soirée.

Kadder faillit en perdre son latin. Une meuf de cette classe, c’est trop de la balle. Il lui fit signe de le suivre, dès qu’ils furent dehors, il lui expliqua que ces salles étaient sous surveillance et qu’il ne pouvait se permettre de pirater depuis ces postes. Il l’invita à aller chez lui. Son studio se trouvait sous gare, à quelques centaines de mètres.
L’immeuble était vieillot et sans ascenseur. Ils gravirent les deux étages pour se retrouver dans un minuscule studio. Une seule pièce, faisait office  de chambre et de salon, un petit coin cuisine et des toilettes. Un ordinateur de bureau se trouvait à même le sol. Kadder ayant surprit le regard étonné de Merry lui dit :

    -
 Mamzelle, ne te fie pas au look, mon ordi c’est une Porsche sous une carcasse de 2CV.

C’est ainsi qu’elle apprit l’existence des Geeks, dont il faisait partie. Ces fanas d’informatiques capables de se couper socialement pour assouvir leur passion de l’informatique et du jeu. Au bout d’une demi-heure et quelques efforts, il lui sortit la liste des noms officiels et l’adresse de ceux qui avaient crée la guilde des Highlanders.


    -    Kadder, c’est très important, que je transmette immediatement ces informations à mon ami journaliste, mais je te promets, tu
           l’auras ta soirée en boite. En guise de bonne foi, elle le gratifia d’un baiser aussi sensuel que le premier.


Avant de dévaler les escaliers, elle prit la peine de noter son numéro de portable. A peine sortie de l’immeuble, elle stoppa un taxi, en lui donnant l’adresse de l’hôtel de police. L’officier Bertrand était là. Après comparaison, ils s’avéra que les noms des membres correspondaient à ceux des victimes. Le seul qui restait était celui du fondateur de la Guilde.
En urgence, et par sécurité, deux inspecteurs de la PJ lui rendirent visite, avec mission de le ramener.

Notre Geek, prénommé Romain était terrifié. Aux questions de Merry, il répondit, qu’il s’était absenté quelques temps et qu’à son retour, il avait apprit le terrible sort subis par ses collègues. De fil en aiguille, il leur apprit qu’avant son absence, il avait du en tant que chef de guilde, refuser l’adhésion à un jeune joueur très agressif.

C’était un membre de la horde, de la race des Orcs et chevalier de la mort aux pouvoirs d’alchimiste. Il ’appellait Titan l’exterminateur. Un guerrier féroce, connu par la communauté pour sa violence verbale avec les autres joueurs. A la suite de mon refus, il avait déclaré qu’il détruirait la guilde des Highlanders.
Nous avions pris cette menace sur un plan virtuel. Nous pensions que son but consisterait à nous assaillir, nous combattre et nous exterminer par le jeu.

L’officier Bertrand et Merry décidèrent de le mettre en garde à vue, en attendant de vérifier ses propos. La cyber criminelle confirma que lors des six décès l’adresse, IP de Romain n'était pas connectée sur warcraft et que son alibi , tenait la route. Par contre, les experts constatèrent qu’une autre adressse IP s’était systématiquement connectée lors de chaque homicide, aux heures des décès constatés.

Aucun juge n’aurait accepté de lancer un mandat sur une simple présomption. Merry décida en accord avec son supérieur local d’utiliser l’aide du hacker. Elle composa le numéro de Kadder et lui demanda un dernier service, le nom officiel et l’adresse de Titan l’exterminateur.
Ces informations obtenues, il devenait facile de prouver que l’adresse IP découverte, correspondait bien à celle du chevalier de la mort.  Merry était convaincu, qu’il était le vrai coupable dans ces crimes. Cependant, elle ne pouvait apporter aucune preuve tangible.
Juridiquement, Titan l’exterminateur ne pouvait pas être inquiété. Personne ne pouvait rationnellement prouver sa culpabilité, Sa puissance destructrice restera un mystère pour les années à venir. Il semblerait que comme nombre de Geeks, il ait été atteint du syndrome d’asperger. Pour lui, les choses s’aggravèrent lorsqu’il perdit la notion qui sépare le réel du virtuel. Il vivait dans un monde de synthèse  à mi chemin entre les deux.


Avait-il acquis le pouvoir de canaliser sa fureur au travers des flux énergétiques d’internet. Tout comme certains hypnotiseurs, sont capables de transmettre leurs messages au travers d' ondes télévisées  ? Titan l’exterminateur, avait il acquis ce pouvoir de tuer par la pensée, en la concentrant, en la canalisant vers une victime choisie ? Probablement qu’un jour l’avenir, nous le dira.

Alors que la justice , tentait vainement de conclure cette affaire, semblable à nul autre, le destin en décida autrement. Titan l'exterminateur ne pouvait être accusé de meurtres sur de simples présomptions, ses multiples connections lui servant d'alibi et surtout le fait, que chaque décès avait été diagnostiqué comme le résultat d'une rupture d'anévrisme foudroyante.

Dévoré par ses propres démons, le chevalier de la mort dont la schizophrénie devenait dangereuse pour la société , fut suivi sur le plan psychiatrique et interné dans un asile.
Coupé d'internet et de l'informatique, il tentait de survivre à cette phase de désintoxication. Un beau jour, ses infirmiers le trouvèrent mort un miroir brisé à ses cotés. Le médecin légiste diagnostiqua une rupture d’anévrisme foudroyante.
Avait il retourné sa propre puissance sur lui-même au travers du miroir. Nul ne le saura, son secret  restera enfoui, avec lui pour l’éternité.


                                                                                                                                                                                                          (C)
A Deramchi


 
Retourner au contenu | Retourner au menu