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La dérive médiatique

Il ne se passe pas un seul jour sans que nos sens ne soient agressés par une pornographie médiatique où l’important cède la place au superflu, où la déontologie disparaît au profit d’une focalisation voyeuriste et exhibitionniste. Bombardés de nouvelles qui n’ont d’autres valeurs que celles de compenser notre accoutumance à la médiocrité et à la banalité.

Depuis quelque temps , l’heure est semble t’il au réalisme pragmatique, on fustige ces pseudo journalistes braqués sur la braguette de Clinton, ou sur le sein dévoilé de lady X. On s’inquiète que les morts du passé ont plus de valeur que les victimes actuelles qui périssent en direct sous la lorgnette de nos cameramans. Cette banalisation de la misère actuelle accentue l’irresponsabilité du téléspectateur passivement enfoui dans son fauteuil rassuré que cela n’arrive qu’ailleurs.
Le peu de conscience qui lui reste est rapidement submergé par la médaille d’or qui vient d’être remportée ou par les pubs alléchantes et merveilleuses qui le dorlotent et lui font oublier cette misère et cette injustice si réelles pourtant.

Où est cette morale qui guidait nos préceptes ? à l’image de tant de produits, elle est devenu marchandise économique bradée sur l’autel de la rentabilité. Où sont passés ces idéaux médiatiques qui devaient servir la démocratie ? ils n’ont pu résister aux appels des sirènes. L’échine pliée sous le joug de l’argent, du pouvoir et de la gloire, ils se vendent.
A l’image des romains offrons au peuple ce qu’il veut,du rêve, de la violence et du sexe. C’est ainsi que des évènements sans importance prennent une dimension internationale, sacralisés, ils deviennent source de référence.

J’ai l’intime conviction que les médias se trompent de cibles , ils se battent au nom de faux prophètes. Manipulés et noyautés par leurs propres détracteurs, ils se laissent intimider par des groupes de pression occultes.
La rubrique des chiens écrasés prend la place de la une, les faits les plus anodins deviennent problèmes de société.

Malgré mon amour des animaux, je me dois de dénoncer des situations similaires. Des milliers de gamins crèvent de par le monde et une table ronde est organisée avec psychologues, psychiatres , avocat... pour débattre de l’agonie de ce chien condamné à être piqué pour avoir sauvagement mordu un gosse aux Etats Unis.

Des millions de chômeurs dépriment face à l’inconscience suicidaire des dirigeants politiques et économiques et les médias nous abreuvent des frasques de ce boxeur à qui l’on a arraché l’oreille lors d’un combat, ou de ce mari qui s’est fait émasculé par sa compagne. Le monde serait il devenu une scène théâtrale tragi-comique ou le rire et le dérisoire emportent le premier prix ?

Le plus grave reste que ces seigneurs de l’information ont formé une caste méprisante de son lectorat, une caste enfermée dans sa tour d’ivoire, qui s’écoute parler sans accepter aucune critique. Elle censure tout ce qui peut la remettre en question ( cet article n’aurait pas d’existence si ce n’était par la magie d’Internet ).

Dirigés par la gloire et la soif du pouvoir, certains médias ( car il y encore de bons journalistes) perdent de plus en plus de leur crédibilité. Ils ont tendance à devenir de véritables guignols de l’information ( rien à voir avec Canal +). Cette médiacratieje devrais dire (médiocratie) fait que l’on s’invite entre journalistes et animateurs, que les colonnes s’ouvrent mutuellement, les uns aux les autres. L’essentiel n’est’il pas que l’on se gargarise entre collègues, et vous pauvre demeuré, quel que soit votre talent, vous ne serez qu’un vulgaire roturier qui n’a pas accès à la cour des seigneurs.

Qui êtes vous messieurs et mesdames les responsables pour décider de ce qui sera publiable pour nos chastes oreilles ? Qui vous octroie le droit de censurer nos écrits pudiquement adressés au courrier des lecteurs ( alors que parfois, certains ont plus de valeurs littéraires que plusieurs de vos écrits attitrés, si fades et si insipides).
Je vous rassure mesdames et messieurs, vous n’êtes pas les seuls responsables, nous le sommes autant que vous. Nous vous avons laissé banaliser l’information, et nous confisquer le droit à l’expression fût elle parfois imparfaite pour la majorité d’entre nous. C'est notre part de responsabilité.

© A.Deramchi (1998)

 
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