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Requiem pour l'information


A l'approche de ce XXI ème siècle qui nous interpelle, les consciences se mettent à réagir.Quelle direction prenons nous, où allons nous ? Notre société matérialiste évolue trop vite par rapport à ses ressources morales. Les techniques se perfectionnent, les méthodes s'affinent mais la morale régresse.
L'information telle une marchandise banale, dans un élan de survie se vend et se prostitue.A l'image d'une péripatéticienne, elle se doit d'aguicher afin de s'imposer. Sommes nous informés ou désinformés par la puissance des médias actuels ?

Il me semble que la véritable information à agonisé depuis fort longtemps. On nous bombarde de nouvelles sans importance qui occultent les véritables problèmes. A l'image des perfusions médicales, on nous distille certaines vérités au compte goutte, dès lors qu'il n'est plus possible de les cacher plus longtemps.

Le simple rot du prince « X » ou le petit bleu fessier de la princesse « Y »est plus important qu'une tragédie humaine qui se joue au même instant quelque part dans le monde. Le sport remplit les colonnes et fait oublier les réalités de la vie. La météo devient vitale pour la survie de l'humanité qui à pu s'en passer jusqu'à présent.

Mon amour des animaux ne m'empeche de réfléchir avec lucidité. Alors que la moitié de la population mondiale ( statistiques optimistes ) vit en dessous du seuil de pauvreté, et on nous matraque systématiquement avec le martyre des baleines ou des bébés phoques . Par médias interposés , Russes et Américains deviennent les garants de la nature.  

Aujourd'hui l'information et ses dérivés sont des drogues hallucinogènes. Ils nous occultent la triste et parfois sordide réalité pour nous faire vivre dans un monde de futilités. C'est tout cela l'information aujourd'hui. Convaincu de cette dérive, à l'image de Don Quichotte, je lutte contre les moulins à vents.
Intoxication délibérée de l'opinion publique, ou tendance involontaire ? mon choix personnel est fait. Lorsqu'un politicien, un journaliste ou un simple citoyen occulte la vérité qu'il connaît, alors c'est de la désinformation. Chaque jour nous apporte son lot de preuves concrètes et accablantes.

Un pouvoir fût il Russe ou Américain, de droite ou de gauche, démocratique ou dictatorial, qui conditionne les gens par une avalanche, un surplus d'informations inutiles et souvent fausses fait de l'intox. A titre d'exemple, la campagne anti sandiniste des années 80 au Nicaragua. Le scénario classique de déstabilisation se met en route. Campagne de diffamation basée sur un anti communisme primaire, réveil de la fibre patriotique US en invoquant une menace exceptionnelle du cancer latino américain. L'anti sémitisme flagrant des sandinistes est dénoncé
(1)  cette rumeur n'est destinée qu'à mobiliser le lobby sioniste très puissant au congrès (2).

Petit pays sous développé de 3 millions d'habitants ( à l'époque ) , le Nicaragua aurait menacé la sécurité de 230 millions d'Américains et de 11 démocraties latino américaines ! Les qualificatifs utilisés par REAGAN ET BUSH semblent intarissables, trafiquants de drogue, terroristes, responsables du génocide des indiens Misquito... Le véritable génocide des indiens d'Amérique n'est pas digne de discussion, tout comme le soutien des USA aux diverses dictatures de ce monde n'est pas un mal. Libre à chacun de porter un jugement sur cette catégorie de gros mensonges qui se substituent à une vérité toute simple d'ailleurs, les véritables enjeux sont de nature économique et politique. Il faut défendre les intérêts des multinationales US. Véritables vampires du paysan latino américain et de biens d'autres gens.

Il n'est pas inutile de soulever le voile sur les voies de transits de cette information bidon, de cette désinformation devrais-je dire. Quatre grandes agences de presse se partagent le gâteau. AFP (Agence France presse) , Reuter (britannique),AP ( agency press) et UPI ( United press International) toutes deux Américaines. Lorsqu'on sait que 85 % de l'information transite par les deux agences américaines, inutile de vous en dire plus.

Ma seule consolation serait que cette autoroute de l'information appelée « Internet » devienne le satellite du sous-développé et du plus faible. Elle servirait à promouvoir un média alternatif . Un moyen d'information qui ne serait plus sous la tutelle du big Brother. Un espace de liberté pour tous les citoyens de ce monde soumis au baillonnage officiel.

Comme dans toute structure, le danger existe, les mouvements néo-nazis ne se privent pas d'utiliser ce réseau des réseaux par messages codifiés. Crée en période de guerre froide pour la désinformation, Internet se retourne contre ses géniteurs qui n'ont semble t'il plus le pouvoir de le contrôler.

La désinformation existe aussi chez nous. Les VSD, Détective et consorts romands et alémaniques existent aussi. Je me contenterais de signaler la tendance à l'information marchandise qui véhicule ce qui la fait vivre. En l'occurrence, le sensationnel ( qui tue l'info analysée et contrôlée ), le morbide, l'érotique et le voyeurisme outrancier. Vendre et concurrencer, deux mots clés qui remplacent la notion incontournable de déontologie de l'information. Ces médias malades du profit peuvent ils objectivement nous informer. Je me le demande !

Je me souviens du conseil d'un professionnel qui disait qu'un chien qui mord une dame, ce n'est pas de l'information, par contre une dame qui mord un chien cela en est une... L'information n'a jamais été, et ne sera jamais neutre, et cela tout le monde en est conscient. Par contre, toute information objective ou subjective, vraie ou fausse possède en elle « un potentiel d'incitation aux actes »
(3). Dès lors, chacun doit assumer la responsabilité causale de l'information ou de la désinformation qu'il donne.

Ainsi ces tribuns d'extrême droite qui vilipendent l'étranger, bouc émissaire porteur de tous les maux de la société, et qui se lavent les mains de toute responsabilité des actes qu'ils suggèrent et finissent par provoquer.

A tout ces gens, qui nous prennent pour des pantins infantiles ou immatures, je dis ne nous faites pas prendre des vessies pour des lanternes. Nous restons lucides et critiques aux informations que vous daignez nous transmettre.

(c) 1997 Abdélaziz Deramchi

(1)Analyse des griefs citée par Andreas Freund dans « Journalisme et mésinformation ».
(2)Propre commentaire
(3) terme emprunté à Andreas Freund.



 
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